dimanche 5 juillet 2009
communication canine ou obéissance ???
Des propos rafraîchissants de Thierry Bédossa sur la communication homme/chien !!
je soucris à 100 % avec ses propos !!
http://www.dailymotion.com/video/x9byul_thierry-bedossa-nous-explique-les-o_animals?from=rss
lundi 26 novembre 2007
Une expérience très intéressante
Un chien en Ce2
Les chiens destinés à vivre aux côtés de personnes handicapées pour leur porter assistance, doivent dès leur plus jeune âge recevoir une éducation particulière. Elle s'acquiert dans un premier temps dans des familles d'accueil, qui leur enseignent les bonnes manières pendant 18 mois environ. Pop Corn, lui, a bénéficié pour faire ses premiers pas de chien éduqué … de l'attention d'une classe de 25 enfants de CE2 : une expérience unique, pour les enfants comme pour le chien !
Ecole de la Barberie, à Nantes. En cette rentrée de 1999, la classe d'Elisabeth Koenig accueille un 26e élève, avec un retard de 24 heures. Pop Corn, Labrador de 2 mois et demi, aspirant chien d'assistance, a été confié par l'ANECAH (1) à l'institutrice pour devenir un parfait gentledog. Elle vit seule et pour mener sa tâche à bien, elle sait qu'elle doit avoir le chiot auprès d'elle toute la journée : donc une seule solution possible, l'emmener à l'école. Elle convainc le chef d'établissement, les responsables de l'Education Nationale, les parents d'élèves, obtient toutes les autorisations nécessaires et Pop Corn arrive enfin dans un climat d'excitation palpable.
Une récompense extraordinaire
Première tâche de la maîtresse : calmer les enthousiasmes, définir à chacun sa place et établir un tour pour les responsabilités qui peuvent être briguées par les élèves : peser les croquettes au gramme près pour les repas, laver les dents du chien, le brosser, le promener dans la cour, lui faire travailler ses « commandes » (2)… Le bébé chien a besoin de dormir beaucoup et on l'installe dans l'atelier, une pièce adjacente à la classe dont la porte reste ouverte. Le principe de base est de ne pas organiser la classe autour de lui au mépris du programme général d'enseignement, mais de le prendre pour support pour amener plus de vie dans les notions abstraites qu'un enfant doit intégrer. On va également profiter de tous les moments extra scolaires (récréations, étude, samedis après-midis volontaires) pour jouer pleinement son rôle d'éducateur canin bénévole.
« Les activités avec le chien n'ont jamais été imposées, se souvient Elisabeth Koenig. Elles étaient proposées et ceux qui souhaitaient se tenir à l'écart pouvaient le faire. Les autres avaient un tour de responsabilités dont ils s'acquittaient très sérieusement. Ils ont tout naturellement intégré Pop Corn à leurs jeux pour lui faire travailler ses points faibles. Par exemple, pour lui faire comprendre « pas toucher », ils ont eu l'idée de l'entraîner à les regarder jouer aux billes… avec des croquettes sans s'en mêler. Au début, il suivait tous les déplacements de la « bille comestible » des yeux, en tournant la tête comme on regarde le tennis à Roland Garros. A la fin, il n'y accordait plus la moindre attention.»
Pop Corn grandit dans la classe et s'assagit. Il apprend à rester tranquille et sa présence est désormais aussi utilisée comme une récompense extraordinaire. Quand un élève a bien travaillé, il a le droit de le prendre sous son bureau : le chien apprend à respecter la consigne « dessous » et l'enfant est tout fier d'avoir l'animal « pour lui » un petit moment. De même, quand le travail scolaire est terminé et bien fait, qu'on a été sage, on a le droit, au lieu de faire un dessin par exemple, d'aller se coucher un instant près de Pop Corn dans l'atelier, pour le câliner.
« Je me souviens d'une petite fille qui avait du mal à suivre car elle avait par ailleurs des difficultés familiales, raconte Elisabeth Koenig. Elle avait très très envie d'être autorisée à passer un moment pareil avec Pop Corn et elle a fait tout ce qu'elle a pu pour le mériter. Quand c'est arrivé, elle était à la fois émue et folle de joie. Elle s'est installée contre lui, dans sa fourrure chaude et douce et lorsque je suis allée la voir quelques instants plus tard avec d'autres enfants, elle s'était endormie, apaisée. Nous ne l'avons pas dérangée… »
Accepter la différence
Au total, Pop Corn a dû apprendre 52 commandes dont les enfants tiennent la comptabilité. Le chien est noté exercice par exercice, comme il le sera plus tard lorsqu'il fera son stage de perfectionnement avant remise au centre d'apprentissage de l'ANECAH. « Très bien, en progrès, à revoir. » Les jeunes profs ne laissent rien passer, ils apprennent l'importance de la rigueur. Un JDPC (journal de Pop Corn, comme il y a un journal des enfants) est créé qui relate tout ce qui a trait au chien. les activités, les progrès, les sorties. Et elles sont nombreuses, car une fois remis à son maître handicapé, le chien l'accompagnera absolument partout. Il se doit donc d'avoir un comportement exemplaire en toute occasion. Il prend le bus avec les enfants, va au cinéma voir un film de Walt Disney, se promène en ville avec sa petite cour. Mais il a aussi des effets inattendus et émouvants : il permet aux enfants d'entrer en contact avec des personnes qu'elles n'ont pas l'occasion de croiser habituellement et d'initier un dialogue.
« En ville, nous avons rencontré un homme malvoyant, qui marchait à côté d'un chien d'aveugle. Nous nous sommes arrêtés et nous avons engagé la conversation. Les enfants ont compris que ce chien ne faisait pas tout à fait la même chose que Pop Corn, mais qu'il appartenait à la grande famille des chiens d'assistance. Ils ont posé des tas de questions, mais surtout, quand ils rencontrent ce monsieur désormais, ils le saluent comme un ami. Cette expérience l'a d'ailleurs beaucoup ému : il avoue savourer aujourd'hui le plaisir de les rencontrer. Avant Pop Corn, les enfants ne lui disaient pas bonjour. »
L'acceptation de la différence, du handicap passe aussi très naturellement par le chien. Avec lui, on visite une classe d'IME, où interviennent des chiens visiteurs de l'ANECAH : les enfants correspondent et l'IME rend la politesse à La Barberie. On se déplace aussi dans une maison de retraite où vit un chien résident. On participe au Téléthon. On écoute une fois par semaine à la bibliothèque de l'école les histoires de Sandrine, une myopathe qui ne se déplace qu'avec son chien et qui parle volontiers des réalités de la vie d'une personne handicapée. Les enfants sont curieux, mais pas voyeurs. Une fois qu'ils ont compris comment ces vies brisées s'organisent, ils s'habituent au fauteuil électrique, à la difficulté d'élocution ou de marche de leurs interlocuteurs, font des efforts pour s'en faire comprendre et partagent ce qu'il y a à partager : un moment agréable, des connaissances extra-scolaires, des amitiés. Par le biais des chiens, ils sont à l'école de la tolérance.
Une remise émouvante
Certains parents se passionnent aussi pour cette expérience originale. Ils prennent leur propre voiture pour emmener les enfants jusqu'à Alençon quand Pop Corn a besoin d'y séjourner, ils mettent la main à la pâte pour réaliser des travaux manuels sur le thème du chien, ils prêtent une oreille attentive aux aventures de ce compagnon canin qu'on leur décline tous les jours à la sortie. Et ils constatent : que leur enfant lit davantage (le livre « Mon chien va à l'école » a dû être acheté en plusieurs exemplaires à l'école pour satisfaire à la demande), qu'il apprend avec cœur « le Chien et le Loup de La Fontaine. Pop Corn est castré, c'est l'occasion d'une « leçon de choses » sur l'éducation sexuelle. Le vétérinaire vient dans la classe faire un exposé sur son métier : chaque enfant se voit remettre un carnet pour y noter ses observations concernant le chien. Un gamin se casse un bras : ses camarades signent le plâtre et Pop Corn y appose l'empreinte de sa patte trempée dans l'encre. On recherche le golfe du Labrador sur la planisphère, on fabrique des jouets maison pour l'anniversaire de l'animal, et l'on écrit, et l'on dessine.
Sur les illustrations, le chien est étonnamment bien représenté, sans doute parce qu'il a été minutieusement observé sous toutes ses coutures et intégralement manipulé. Il apparaît toujours gai et bienveillant, les enfants y sont manifestement fort attachés. Dix huit mois plus tard, retour définitif à Alençon : Pop Corn, qui a gagné ses galons de professionnel de l'assistance, va être remis à un jeune homme tétraplégique. La boucle est bouclée, mais le départ annoncé du chien trouble forcément les enfants.
« Maintenant, c'est terminé, nous devons ramener Pop Corn à l'ANECAH pour qu'il finisse son éducation, raconte Justine en expression écrite. C'est un jeune Labrador que nous avons dressé pour qu'il soit remis à un handicapé. Il faut lui apprendre plein de choses, mais Pop Corn nous en apprend aussi.(…) Nous avons eu beaucoup de chance de pouvoir dresser un animal dans notre classe : c'était un très bon chien. » « Nous sommes descendus au chenil pour dire une dernière fois au revoir à Pop Corn, note Lucie. Nous savions que ce chien devait un jour nous quitter, mais malgré ça, nous étions très tristes. Ensuite, nous sommes partis très vite pour ne pas pleurer. »
Donner le meilleur
Cinq ans après la fin de l'expérience Pop Corn, son empreinte reste vive sur les enfants devenus adolescent qui ont fréquenté sa classe. Ils ont conscience qu'ils ont vécu quelque chose d'exceptionnel. Et Elisabeth Koenig confie encore qu'aujourd'hui, sans chien, l'année scolaire lui paraît plus fade. « L'expérience a été très forte, conclut-elle. Lourde, car l'éducation d'un chiot ne va pas sans incidents, mais enrichissante pour tous. Pop Corn a facilité la communication entre les enfants, les a poussés à donner le meilleur d'eux-mêmes. Toujours avec lui, ils ont appris la nécessité de se tenir au contrat qu'on a accepté, même au prix du chagrin causé par la séparation.»
(1) Association Nationale d'Education de Chiens d'Assistance pour Handicapés « HANDI CHIENS »
(2) Au cours de son éducation, le futur chien d'assistance apprend à exécuter sur ordre plus de 50 commandes



































