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jeudi 23 avril 2009

les "chiens dangereux" dans la presse

LE FAIT DU JOUR / Chiens dangereux : plus de cent mille morsures par an


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Au club canin de Lusigny-sur-Barse, la formation au certificat Agility permet de mieux connaître son chien à travers un parcours ludique

Il n'y a pas que de l'innocence dans les boules de poil qui partagent notre quotidien...

Difficile d'obtenir des chiffres cohérents lorsqu'il s'agit de connaître la dangerosité des chiens vis-à-vis de l'homme. C'est lorsque se produit un tragique fait divers - comme celui qui s'est déroulé dernièrement dans la Marne, où une fillette de 8 ans est morte sous les crocs des deux dogues allemands de la famille - que se repose la question. ZooPsy, une association regroupant des vétérinaires comportementalistes, lève néanmoins le voile en s'appuyant sur plusieurs sources concordantes.
« On compte plus de cent mille morsures par an en France », évalue ZooPsy, qui s'appuie sur les chiffres des assurances - « les plus fiables » - ainsi que sur des études menées par l'université de Montpellier, le centre hospitalier universitaire de Lille, l'hôpital Trousseau et l'American Veterinary Medical Association.
« Suivant les sources, cela représente 0,3 % des admissions aux urgences et 1 % des chirurgies », constatent les vétérinaires, qui estiment le « nombre d'accidents toujours trop élevé ».


Le berger allemand surreprésenté

Une étude de l'équipe de l'hôpital Trousseau, menée aux urgences sur quatre années de morsures, révèle que « la race n'est pas un facteur déterminant ». Même si une enquête montre le berger allemand comme le plus impliqué… parce qu'il s'agit d'une « population fortement représentée dans le monde ».
Autre

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élément mis en avant par les vétérinaires, la loi de 1999 a mis un frein sur les populations de chiens dangereux dits d'attaque (1re catégorie). En revanche, les chiens de 2e catégorie dits de défense (american staffordshire terrier, rottweiler…) sont en progression. « Certaines races ont même été multipliées par cinq », révèlent les statistiques annuelles du LOF (Livre des origines françaises).
Par ailleurs, les chiffres recoupés des vétérinaires montrent que le « nombre de morsures et d'accidents n'a pas diminué » depuis l'application de la loi de 2000.
L'enquête de ZooPsy trahit également le fait que le classement des croisements est une erreur technique. « Deux chiens de race non visés par loi peuvent tout à fait donner un type morphologique proche des chiens de catégorie 1 », observent les praticiens.
Enfin, leur analyse indique encore que « 80 % des accidents graves se déroulent dans des lieux privés avec un chien connu de la victime ». En clair, ces chiens donnent souvent des signes précurseurs d'agressivité.
« Dans la majorité des autres cas, il s'agit d'animaux rendus incohérents par des maladies diagnosticables par un vétérinaire », résument les professionnels, qui précisent que cette étude sur la dangerosité prend en compte la grande diversité des races, visées ou non par la loi de

1999.

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DRESSAGE

« Toujours une surveillance des enfants en présence de chiens »

Le fait d'acquérir un chien n'est pas une décision qu'il faut prendre à la légère. « Lorsqu'on prend un chien, il faut se dire qu'il n'est pas un jouet, qu'il restera un animal. Il est important de l'éduquer, en lui montrant qu'il y a des interdits à ne pas dépasser. Le cocon familial devient pour lui la meute et il doit se soumettre au "chef de meute", donc le maître », explique Gérard Vidal, président du club canin de Lusigny-sur-Barse.
Depuis plus de trente-cinq ans qu'il travaille avec les chiens, il considère que la priorité est donc d'éduquer le chien et d'appliquer certaines règles : ne pas le laisser monter sur le canapé ou dormir dans la chambre, ne jamais le laisser avec des enfants sans surveillance, surtout lorsqu'il mange. Les enfants ne doivent pas non plus caresser un chien qu'ils ne connaissent pas, même avec l'accord du maître. « On s'aperçoit que c'est surtout dans le milieu familial qu'arrivent les accidents, dus à l'imprudence des maîtres. Le danger vient plus des humains que des chiens, c'est surtout le maître qui n'est pas assez vigilant. Il faut éduquer les chiens pour, au minimum, qu'ils obéissent au rappel au pied et sachent marcher en laisse sans tirer dessus. En moyenne, la plupart des chiens devraient parcourir 10 km par jour », ajoute Gérard Vidal.
Dans son club de Lusigny, les chiens viennent passer plusieurs certificats, dont celui d'obéissance ou celui de sociabilité et d'aptitude à l'utilisation (CSAU). Concernant le certificat Agility, les enfants peuvent y participer. Ils apprennent à leur chien un parcours ludique. « Cela permet de mieux connaître son chien. C'est bien pour le chien comme pour le maître, cela amène une certaine complicité », souligne le président.

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L'AVIS d'UNE COMPORTEMENTALISTE

« Comprendre son chien »

Bien choisir son chien reste le credo des spécialistes, comme l'indique Alexandra Creusot, éducateur comportementaliste à Troyes. « Il faut choisir le chien suivant les besoins de la famille et non suivant les modes. S'il le peut, l'acquéreur doit vérifier que le père du chiot est bien présent pour prendre la relève après le sevrage et comment la mère se comporte. Bref, vérifier que les parents soient équilibrés. Les gens sont souvent mal renseignés face aux besoins du chien, qui ne fait alors pas assez d'exercice ou n'est pas assez sociabilisé, ce qui augmente le risque d'accidents. »
Alexandra Creusot considère d'ailleurs qu'il n'existe pas d'éducation type, mais plutôt à la carte, selon le chien et son maître. « Il faut comprendre son animal pour ne pas accumuler les erreurs et éviter les accidents. Le chien peut envoyer des messages d'alerte, des microsignes de malaise ou de mal-être, que les gens ne voient pas forcément. »
Certains gestes ou regards peuvent déranger le chien ou l'intimider, surtout de la part des enfants. Quelques initiatives ont été menées dans les écoles sur la prévention des morsures et de l'abandon, mais elles n'ont pas été assez suivies, selon la comportementaliste. « Il faudrait organiser plus d'interventions avec les associations pour apprendre aux enfants comment se comporter face à l'animal, quels sont les gestes à ne pas faire. Il est important que les enfants, comme les adultes, tentent de comprendre le chien pour établir un certain équilibre. Cela pourrait éviter certains accidents. »

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Auteur : Pascal DOLAT et Barbara BAUDIN
Article paru le : 23 avril 2009

Posté par polanou à 17:09 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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